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RESUME DE LECTURE DE LA SEMAINE DU 25 JUILLET 2011: L’ENGRENAGE de Hortense SALLAN MAYABA
25 juillet, 2011, 11:37
Classé dans : RESUMES DE LECTURES

Titre de l’œuvre :                  L’ENGRENAGE

Nature de l’œuvre :              Roman, Star Editions, 01 BP 367, 2007, 153 p.

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Auteur de l’œuvre :              Hortense SALLAN MAYABA

Nationalité de l’auteur :      Béninoise

RESUME

Après douze ans d’indépendance, il y avait déjà plus d’une dizaine de gouvernements pour ce petit pays de quelques millions d’habitants. L’événement c’est que, parmi tous ces chefs d’état, le Président Michée ne fera qu’une semaine. Il fut déchu par le Timonier qui créa le JGM (Jeune Gouvernement Militaire). Très tôt, on admit les putschistes. On les acclama très fort. On les déifia en leur chantant des cantiques. Pour asseoir son hégémonie, le JGM créa le PJGM (Parti du Jeune Gouvernement Militaire) dont les maîtres mots étaient la révolution, l’école nouvelle, le civisme et l’idéologie marxisme-léninisme. Tout le monde devint camarade. On ne vit pas le temps passer. Quinze années d’affilée puis, le désenchantement. Les membres du JGM avaient commencé par se livrer à des malversations, des détournements de fonds, des enrichissements illicites. Et tous ceux qui osèrent dénoncer ces faits étaient arrêtés et suppliciés. Le chef de fil, Sangchaud, un commandant de l’armée de terre qui se dévouait entièrement au Timonier. Malgré les tortures, partout dans le pays, la révolte se mit à gronder. Une franche opposition naquit. Un nouveau mode de combat vit le jour avec des tracts. L’instigateur principal était Masola, un instituteur. Les salaires n’étaient plus payés aux fonctionnaires depuis plusieurs mois et le peuple en avait ras le bol. Le Timonier demanda conseil à Sangchaud qui lui proposa de mater, de sévir pour calmer les insubordonnés. Les femmes s’en mêlent et conduites par une certaine Clémentine, la horde des amazones marcha à poils sur la résidence du Grand Camarade. A la vue des femmes toutes nues, le Timonier s’agenouilla, les supplia et leur promit de trouver au plus vite une solution à la crise.

Masola, par ses tracts, rendait les dirigeants sérieusement agacés. Pendant ce temps, le peuple grinçait des dents et le JGM montrait le bout du fusil pour intimider. Tout allait vers l’éclatement. Lors d’un meeting géant au stade des rencontres, tout explosa. Il y eut une vingtaine de morts et de nombreux blessés. Le gouvernement en rendit Masola responsable. Ce dernier se terra comme un escargot au cours d’une sécheresse, pendant huit semaines. Il y eut une sorte de répit. Dans cette sorte d’armistice, Masola sortit de son refuge. Il se permettait timidement quelques échappées à l’«Arc-en-ciel », sa buvette préférée. Mais il ne savait pas qu’il était repéré. Un soir, il fut arrêté par l’Adjudant Chef Kouassa-Kouassa sous les ordres du commandant. Il fut traîné dans la rue, humilié, avant d’être conduit en prison. Il reçut quelques coups au visage avant d’être jeté dans une pièce noire déjà occupée par six hommes. A la maison d’arrêt, il fut rebaptisé 628. Il suivit les exercices sportifs le lendemain matin très tôt et fut désigné pour chanter l’internationale. Ce qu’il fit pour le plaisir des deux soldats qui s’occupaient d’eux. Masola passa six mois dans la prison sans que personne ne lui rendît visite. Il pensa à sa femme et à Djaaham son fils de sept ans.

Un jour, alors qu’ils étaient en train de sarcler et désherber le pénitencier, le 412 lui mit à l’esprit qu’il était possible d’enjamber le mur pourvu qu’on y pense. Depuis lors, Masola cogita sur la stratégie à mettre sur pied pour s’évader. Il fit un ruban qu’il noua à la taille et au cours d’un sarclage désherbage, il s’éclipsa, s’en servit et escalada le mur. Mais, manque de pot pour lui, le 412 l’avait suivi puis le 322. Les gardes constatèrent l’évasion, tuèrent le 322 et pulvérisèrent le pied au 412. Le 628 n’eut la vie sauve qu’en s’agrippant à un camion qui passait fortuitement dans le coin, à l’insu du chauffeur. Ce camion le sauva en l’amenant vers son nouveau destin. En ville, il descendit discrètement à un carrefour et utilisa les services d’un chauffeur de taxi pour aller chez un de ses collègues enseignant. Il se disait que s’il rentrait, les militaires seraient peut être chez lui à l’attendre. De l’ami, il décida d’aller au village. Surprise. Ce fut sa femme qui l’accueillit puisque layant cherché partout, elle avait décidé après six mois d’absence dans sa belle famille avec son enfant. Tout le monde fut content d’accueillir l’instituteur mais lui fut attristé par un fait : Daaham son fils a  succombé à une épidémie charbonneuse sans que Bouma le frère de Masola, médecin, n’ait pu rien faire. L’épidémie battait son plein et les efforts de Bouma le médecin associés à ceux de la sœur Marie-Léontine ne purent rien contre les victimes. Zahena la fiancée de Bouma a failli également périr lorsqu’in extremis le ministère de la santé envoya des caisses de médicaments. La situation s’amélioré du coup. De plus, le Timonier amnistia les prisonniers d’opinion et gracia à hauteur de la moitié de leur peine, ceux de droit commun. Masola s’en réjouit bien qu’il considéra que le Timonier ne lui avait restitué que ce qu’il lui avait pris injustement.

Dans le pays, rien n’allait car la catastrophe régnait en maître absolu et les hommes, pour survivre, se livraient à tous les maux : vols, escroqueries, mendicité, agressions…Le Timonier et Sangchaud, débordés, ne réagissaient plus. Les cadres de la diaspora et les intellectuels se réunirent et proposèrent au gouvernement un meeting national nommé « les rampes de la sagesse ». Cette conférence fut programmée pour trois jours. Les premières heures furent consacrées à la formation d’un bureau directeur des travaux avec à la tête un éminent prélat. Puis un débat s’installa autour du mot « souveraineté ». Heureusement le Timonier y coupa court en prononçant un discours dans lequel il rassura le peuple que toutes les décisions seront souveraines et exécutoires, sans aucune restriction. La conférence déboucha sur l’option de la démocratie. Zeus, un spécialiste de la banque fut choisi pour apporter une cure thérapeutique à l’économie en tant que premier ministre du Timonier. La révolution et ses déboires laissèrent place à la démocratie. La liberté d’expression fut rétablie et sombrait de temps en temps dans l’exagération et l’indiscipline. Les opposants politiques furent rétablis dans leur droit. Masola reprit service et Bouma travaillait dans un hôpital. La lutte avait porté des fruits même si c’était au pris de quelques sacrifices. Il se rappela encore de 322 et 412 morts pour la liberté et de son fils unique qu’il ne revint plus voir à son retour de prison.

 



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